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benjamin code, YOUTUBER :
De la musique au développement web

“Ugami vient de la contraction de “You gonna make it” – Tu vas le faire. Bien que nos thés soient pensés pour le bien être, nous voulions aller plus loin en créant une communauté qui puisse inspirer et motiver à réaliser des projets, quels qu’ils soient. L’un des meilleurs moyens pour motiver et inspirer est de partager son retour d’expérience pour montrer que l’on est pas le seul et que n’importe qui peut réaliser ses rêves dès lors qu’il en met les moyens. Découvrez alors cette nouvelle série Ugamistories, qui n’a que pour but de vous présenter des histoires inspirantes d’entrepreneurs, de sportifs, de passionnés, de survivants, qui, à un moment donné, on fait le choix de se concentrer sur ce qui compte.” Louis-Paul.

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Benjamin Debon est un développeur Web très atypique. Sa carrière a d’abord débuté en tant que musicien, puis le freelancing et le développement sont venus à lui, un peu par nécessité, mais aussi par hasard. Rebondissant sans cesse de projet en projet, il alimente également une chaîne Youtube (Benjamin Code) dans laquelle il explique son parcours et donne des conseils pertinents sur son métier. Actuellement installé à Malaga, en Espagne, nous l’avons rencontré (en vidéoconférence, malheureusement !) afin de lui poser plus de questions sur l’origine de sa motivation, comment il en est arrivé là, et pourquoi ce parcours si singulier ! Découvrez un échange riche en enseignements et en positivité !

Benjamin Code (Debon), un parcours multifacettes

Je m’appelle Benjamin, j’ai 29 ans. Dans ma vie, j’ai toujours voulu tout mener de front, et à fond. J’ai eu de la chance, je m’en sortais plutôt bien à l’école sans forcer.

Plus jeune, je voulais faire de la musique mon métier et jouer partout, faire des concerts… Ce que j’ai fait, pendant longtemps, jusqu’à mes 25 ans. Aujourd’hui, je suis développeur web et Youtubeur.

De la musique au développement web

Débuter dans la musique, continuer en freelancing

J’ai toujours baigné dans le monde de la musique. Mes instruments de prédilection sont la guitare et le chant. Lorsque j’étais plus jeune, je voulais en faire mon métier. A force de faire des concerts et de côtoyer toute la scène locale, je me suis retrouvé assez vite dans un projet musical qui a plutôt bien marché en France, dans un groupe de pop (Bengale). Cela m’a permis de faire des tournées assez cool. Cette période de ma vie était un aperçu du monde et de la vie que je voulais. 

Si j’en parle aujourd’hui, c’est que cela a été très important pour moi. Cette expérience était très formatrice, car la musique est un monde très dur dans lequel il faut beaucoup travailler si tu veux réussir à te démarquer. Il faut y aller à fond, en permanence, et à cet âge là, ça signifie aussi sacrifier des soirées, des sorties…

Aujourd’hui, je ne cherche plus à en vivre. A vrai dire, je n’ai jamais vraiment cru en vivre un jour. Tout ce que je voulais, c’était de faire des concerts et voyager. Cependant, je suis arrivé à un stade où je bossais 15 heures par jour pour très peu de résultat. Des mois à écrire, composer, enregistrer, mixer, masteriser, faire un clip pour au final quelques milliers d’écoutes. Ce n’était plus viable pour moi.

C’est à ce moment-là que Youtube est arrivé dans ma vie. J’ai découvert que tout ce que j’aimais faire dans la musique, c’est-à-dire créer, entraîner les gens dans mon univers, interagir avec eux, pouvait se faire sur Youtube de façon beaucoup plus agréable. Si tu te plantes sur une musique, tu plantes plusieurs semaines de travail. Alors que sur Youtube, tu as besoin de quelques heures pour faire un bon script, tu tournes ta vidéo, tu l’envoies et c’est terminé, en quelques heures tu publies ta vidéo. Si elle se plante, tu perds beaucoup moins de temps, ce qui te laisse beaucoup plus de chances et de motivation pour tester jusqu’à trouver ce qui fonctionne.

Aujourd’hui, je joue pour moi et mes proches tous les jours, pour le plaisir mais je ne cherche plus à créer. En tout cas, mon parcours dans la musique m’a inculqué cette force de travail et un rythme de vie assez chargé entre le travail pour remplir le frigo et les projets personnels. D’ailleurs, trouver un travail assez flexible qui me permet de faire des tournées musicales de temps en temps, ça n’a pas été évident et c’est ce qui m’a tout naturellement mené au freelancing.

Le freelancing, une voie plus pratique

Lorsque j’étais collégien, j’avais déjà touché au code et au développement de sites Internet mais je n’avais jamais pensé vouloir en faire mon métier. Le freelancing, tout comme l’informatique, n’était pas du tout prévu dans mon plan de vie. 

L’informatique est arrivée pendant mes études supérieures après ma prépa. Initialement, je voulais faire de l’électronique. Cependant, je me suis planté au concours, et j’étais pas assez bien placé pour avoir la filière électronique de l’école que je voulais. Par contre, c’était suffisant pour la filière informatique de cette même école. J’ai accepté cette voie en me disant qu’une fois dans l’école, j’allais tenter de gruger et de rejoindre la filière électro. J’ai demandé ça au directeur d’école mais il a refusé car c’était d’une part pas très juste et en plus parce que pour lui l’informatique était la filière d’avenir. 

Finalement, j’ai adoré ces études et me suis passionné pour le développement. Et je remercie tous les jours mon directeur, et je me remercie d’avoir échoué à ce concours d’électronique.

Comme je l’ai dit, le freelancing est arrivé par nécessité. Je cherchais un job qui pouvait me permettre de gagner de l’argent tout en me permettant de travailler n’importe quand et n’importe où pour continuer de réaliser mes projets musicaux. Et le freelancing était pour moi la seule solution viable. J’ai donc commencé à mon compte en micro-entreprise, eu de la chance de trouver des premiers clients qui m’ont fait confiance et développé mon activité comme cela petit à petit. Pour moi, j’ai la même approche pour le développement que pour tous mes autres projets, je m’y mets à 200%. C’est sûrement pour ça que ça a toujours bien marché avec mes clients.

La seule petite désillusion que j’ai eue en freelance c’est que ce n’était pas si facile d’être “nomade digital”, et que la souplesse du job restait limitée. En fait, quand tu débutes, très souvent le client peut te demander de travailler dans ces locaux, ce qui fait que si il est à Paris, tu ne peux pas partir à l’étranger pour travailler pour lui. Mais au final, cette petite désillusion n’est pas du tout importante par rapport à tous les autres avantages qu’apportent le freelancing.

Étonnamment, je n’y avais jamais pensé avant, mais c’est que très récemment que j’ai pu enfin devenir un “digital nomade”, en signant un CDI… 

Une startup m’a démarché pour devenir développeur chez eux, et toutes les conditions dans le contrat m’étaient favorables. Ils n’avaient pas de problème à ce que je travaille à distance, et surtout que je puisse continuer mes autres projets comme Youtube. Finalement, ils m’apportent plus que tout ce que je cherchais en freelance. C’est le scénario idéal qui pouvait m’arriver.

Néanmoins, avant d’en arriver à ce stade de confort, c’est grâce à mon activité de freelance et tout mon travail que j’ai pu avoir cette opportunité. Aujourd’hui, je navigue entre mon appartement à Malaga et Paris et je vis une vie de rêve !

"Lorsque tu as une idée, le plus fascinant est de la créer, de la façonner et de passer par toutes les étapes jusqu’à sa réalisation."

L’entrepreneuriat : comment trouver sa motivation ?

Le fait d’habiter à Malaga augmente considérablement ma motivation. Il fait beau, cela donne envie de me lever pour bosser.

Pour réaliser mes projets, tout commence par avoir des idées. Toutes les idées que j’ai eues partent de ma douche, où je suis toujours le plus créatif et imaginatif ! Si je trouve que l’idée est bonne, j’y réfléchis en détail et après m’être convaincu de sa viabilité, je fonce la tester. 

Lorsque tu as une idée, le plus fascinant est de la créer, de la façonner et de passer par toutes les étapes jusqu’à sa réalisation. 

Si je n’avais pas toutes ces choses à créer, je m’ennuierais. J’ai des périodes à vide, où je n’ai pas trop d’idées. Dans ces cas-là, je vais davantage sur YouTube, je commence une série… Mais en général, je culpabilise vite. La grande majorité du temps, j’essaye d’avoir des idées, parce que c’est un moteur pour moi. À chaque fois que je fais quelque chose, il m’arrive d’autres choses extraordinaires que je n’avais pas prévues, c’est un véritable cercle vertueux.

Mon père nous a inculqué ces choses-là, à mes frères et moi, en nous disant que si on voulait avancer, il fallait travailler. Si on veut plus tard récolter les fruits de nos projets, il faut toujours être dans la recherche. C’est ce mode de vie là que j’ai toujours appliqué. 

Il n’y a pas vraiment de but final à mes projets : ils ne m’enrichissent pas que monétairement, ils m’enrichissent dans la vie de tous les jours. 

Ma chaîne Youtube m’a apporté une crédibilité qui m’a permis d’échanger avec des personnes que j’admire et qui m’auraient été inaccessibles à l’époque. C’est aussi grâce à cette crédibilité que j’ai pu avoir ce CDI aussi cool chez Qovery.

C’est très bien de s’entourer. C’est pour cela que j’ai des gens pour m’aider. Plus tu délègues, plus tu as du temps. Tu ne peux pas tout faire ni être bon partout, donc autant le faire avec du monde. 

J’ai de plus en plus de personnes qui participent à mes projets. Lorsque tu es bosseur, tu es amené à interagir en permanence avec d’autres bosseurs comme toi, et c’est super enrichissant.

La peur de se lancer, un mythe à défaire

J’ai l’air d’être un peu “chien fou” et de partir dans tous les sens, mais je réfléchis beaucoup.

Je n’étais pas spécialement riche plus jeune, et je n’étais pas aidé financièrement par mes parents : j’étais boursier. La seule condition pour me lancer était d’avoir l’aisance financière suffisante pour remplir mon frigo.

À partir du moment où le côté financier est assuré, tu t’en fiches, pars dans tous les sens, tu peux faire tout et n’importe quoi sans avoir peur d’échouer. 

Bien sûr, on y arrive pas toujours, j’ai tenté de percer pendant 10 ans dans la musique sans vraiment y parvenir, mais je ne regrette rien, car cela m’a vraiment apporté.

Après c’est à vous de prendre ce risque ou pas. Bien sûr, cela dépend de si vous êtes dépensier ou pas, si vous avez des enfants… 

Dans ma famille, il y a toujours eu une sorte de contrat de confiance. Quoi qu’il arrive, ils me faisaient confiance et me soutiendraient (au moins moralement), ce qui est un énorme plus. De plus, j’avais de très bons résultats à l’école, j’étais en prépa, j’ai fait une école d’ingénieur… Et à côté je faisais de la musique, c’était du bonus. Mes proches m’ont toujours encouragé sans problème. 

En revanche, si j’avais voulu tout arrêter pour faire que de la musique, ils m’auraient quand même supporté, mais n’auraient pas hésité à me mettre en garde.

Faire tester ses projets : une fausse bonne idée

De mon point de vue, il faut faire les choses, et les montrer ensuite. Si tu en parles avant aux autres, soit tes proches vont te décourager, soit ils vont te proposer des choses qui sont à des années-lumière de ce que tu avais imaginé. Il faut se lancer, puis demander des avis petit à petit au fur et à mesure que le projet avance.

De plus, ton public ne sera pas forcément composé des personnes de ta famille ou de tes amis. Les remarques qu’ils te feront ne seront pas pertinentes, simplement car ils ne font pas partie de ta cible.

Youtube : un moyen de s’exprimer sans peur

Je regardais très peu Youtube, à l’époque, mais j’avais un ami qui avait une très grosse chaîne. En le regardant faire, je me suis senti capable de le faire aussi. Je me suis demandé de quoi je pouvais parler, et j’ai commencé par raconter mes péripéties et mes histoires sur le métier de développeur. Cela faisait rire mes amis, donc cela devait faire rire les gens également. Et puis ça a fonctionné à merveille.

Youtube m’a vraiment plu, car le travail que je fournissais payait toujours. Chaque semaine, je crée quelque chose de nouveau, tout en restant naturel et moi-même. J’apprends énormément, je teste beaucoup et je suis meilleur à chaque fois. Parfois, je fais des vidéos qui me prennent énormément de temps et qui floppent, parfois j’en fais en cinq minutes qui sont des succès. C’est difficile d’anticiper cela, mais ce que je sais c’est qu’en les analysant, je deviens meilleur de jour en jour et ça se voit aussi chez mes abonnés qui montent petit à petit. Si je me trompe, ce n’est pas grave,car je suis déjà en train de penser à la vidéo suivante. Ma peur de l’échec est quasi inexistante sur Youtube.

2021, l’année de la réussite, que pouvons-nous te souhaiter ?

Atteindre les 100K abonnés est mon objectif un peu secret et un peu foufou donc on va se donner les moyens de le tenter ! Même si cela n’est pas grave si je ne les atteins pas. Le reste, je suis très chanceux, donc je n’ai besoin de rien. Je n’ai jamais eu l’impression de travailler, car je me suis toujours amusé ! Plus mes projets grandissent, plus c’est fun. 

Certains projets peuvent te prendre plus ou moins de temps, mais il faut charbonner, travailler un maximum. Le dénominateur commun à toutes les réussites reste néanmoins l’investissement et le fait qu’à un moment donné, il faut se lancer.

Retrouvez Benjamin Code sur Youtube.